La sécurité au travail se résume trop souvent à une affiche dans le couloir, à un rappel annuel ou à une réunion planifiée après un accident. Résultat : les bons réflexes restent théoriques, et la prévention reste « l’affaire des autres ».
La Safety Day (ou journée sécurité) prend le contre-pied de cette approche. En une journée, tous les collaborateurs se retrouvent autour d’ateliers pratiques, concrets et conviviaux pour développer une véritable culture de prévention. Voici comment l’organiser, étape par étape.
Qu'est-ce qu'une Safety Day ?
Une Safety Day est une journée entièrement consacrée à la santé et à la sécurité, ouverte à tous les salariés, quels que soient leur poste et leur ancienneté. Elle ne remplace pas les formations réglementaires (SST, habilitations électriques, etc.) : elle les complète en sensibilisant l’ensemble des équipes, sur un format immersif et fédérateur.
Ses objectifs :
• développer une culture commune de la sécurité et de la prévention ;
• dépasser la théorie en s’exerçant aux réflexes essentiels face aux risques du quotidien ;
• prendre conscience de ses propres comportements à risque ;
• renforcer la vigilance partagée, pour veiller sur sa propre sécurité et sur celle de ses collègues.
L’intérêt est aussi humain : les apprentissages (gestes de premiers secours, posture, gestion du stress, conduite) servent autant au travail que dans la vie personnelle. C’est ce qui rend la journée mobilisatrice.
Étape 1 : définir vos risques prioritaires
Avant de choisir quoi que ce soit, partez de la réalité de votre entreprise. Un site logistique, une agence tertiaire, un chantier ou un établissement de santé n’ont pas les mêmes enjeux.
Appuyez-vous sur votre DUERP, vos statistiques d’accidents du travail, les remontées des représentants du personnel (CSE, CSSCT) et celles du terrain.
Posez-vous trois questions :
• Quels sont nos risques les plus fréquents ou les plus graves ?
• Quels réflexes voudrions-nous voir partagés par tous ?
• Quels sujets sont souvent négligés (santé mentale, trajets domicile-travail…) ?
Une Safety Day efficace est adaptée au terrain : chaque atelier doit coller aux habitudes de travail de vos équipes et à vos risques prioritaires.
Étape 2 : choisir les ateliers
Le format de référence de Cabestan Formation repose sur 4 ateliers de 1h45, pour une journée de 7 heures : premiers secours, incendie et évacuation, postures, risques psychosociaux et santé mentale, et risque routier et mobilités. Chaque atelier est très pratique : mannequins, extincteurs, exercices de posture, mises en situation…
Ce socle n’a rien de figé. Le programme est 100 % personnalisable : vous pouvez ajouter d’autres risques propres à votre activité (travail en hauteur, manutention, risque électrique, addictions, etc.), remplacer un atelier, adapter la durée de chacun à votre planning, ou faire varier le contenu selon les profils (postes écrans, terrain, logistique).
Étape 3 : fixer la date et anticiper l'organisation
Quelques points d’attention pour le calendrier :
• Choisissez une période où l’activité le permet. Évitez les pics de charge, les clôtures ou les congés collectifs.
• Prévoyez la logistique de l’exercice incendie : un espace extérieur sécurisé si vous optez pour le bac à feu, ou une solution intérieure sans fumée.
• Anticipez les salles et / ou espaces extérieurs : un espace pour les ateliers pratiques (premiers secours, postures) et un lieu calme pour l’atelier consacré au stress.
• Planifiez pauses et repas, au-delà du temps d’ateliers.
La Safety Day se déroule en présentiel, dans vos locaux, ce qui permet de travailler dans votre environnement réel et de tester vos propres dispositifs (issues de secours, point de rassemblement, postes de travail…).
Étape 4 : constituer les groupes
Pour que chacun pratique réellement, la taille des groupes compte.
Au-delà de 15 participants, l’intervention est dimensionnée sur mesure, avec des formateurs supplémentaires pour maintenir des ateliers pratiques de qualité.
Pour que les ateliers collent au plus près des risques réels, constituez les groupes par profils de postes similaires. Dans une même entreprise, le personnel de chantier, les équipes logistiques et les collaborateurs de bureau ne sont pas exposés aux mêmes risques : les uns ont besoin de travailler la manutention et les appuis au sol, les autres l’ergonomie du poste écran.
Des groupes homogènes permettent d’utiliser des exemples parlants pour tous, d’adapter les mises en situation et de maintenir l’attention des participants. Les sous-groupes passent ensuite d’atelier en atelier au fil de la journée, chacun avec le contenu le plus pertinent pour son métier.
Les temps de pause et de repas restent l’occasion de mélanger les équipes et de renforcer la cohésion entre services.
Étape 5 : impliquer la direction, le management et le CSE
Une Safety Day ne fonctionne que si elle est portée. Quelques leviers :
• Un message de la direction en amont, qui explique le sens de la démarche.
• Les managers présents et participants : leur exemplarité compte autant que le contenu.
• Les représentants du personnel (CSE, CSSCT) associés dès la préparation : ils connaissent les préoccupations du terrain.
• Une communication interne claire : date, déroulé, tenue adaptée, objectif de la journée.
Présentez-la comme un temps utile pour tous, et non comme une obligation de plus.
Étape 6 : prolonger l'effet après la journée
Le risque d’une journée « événement », c’est qu’elle s’efface en quelques semaines. Pour ancrer les apprentissages :
• recueillez les retours des participants à chaud (une évaluation numérisée est aussi réalisée par le formateur sur place en fin de journée) ;
• identifiez les actions concrètes qui en découlent (réaménagement de postes, affichage des consignes, planification des exercices d’évacuation…) ;
• mettez à jour votre DUERP si la journée a fait remonter de nouveaux risques ;
• planifiez les formations réglementaires ou complémentaires nécessaires (SST, incendie, etc.).
À l’issue de la journée, une attestation de réalisation est remise aux participants.
Les erreurs à éviter
• Un programme trop théorique : on retient ce que l’on pratique.
• Des ateliers pas assez adaptés à vos métiers : un salarié de bureau et un cariste n’ont pas les mêmes risques.
• Une journée sans suite : sans plan d’actions, l’élan retombe.
• Oublier la santé mentale : stress, surcharge et climat d’équipe sont aussi des sujets de sécurité.
Conclusion
Organiser une Safety Day, c’est choisir de faire de la prévention un sujet collectif, concret et positif.
En une journée, vos collaborateurs apprennent à protéger, à alerter, à se préserver et à rester vigilants, au travail comme en dehors.
Cabestan Formation conçoit cette journée sur mesure, en intra-entreprise, à partir de votre secteur d’activité, de votre effectif et de vos risques prioritaires.